24/07/2009

Une anglaise roule sur les plates-bandes de Harley

Elle est imposante, puissante, étonnamment agile pour un cruiser de ce gabarit. Sa ligne est soignée, mais pas révolutionnaire. Et son moteur, sans offrir des sensations aussi marquées qu'une américaine, vrombit de manière presque jouissive. Voici la toute nouvelle Thunderbird.

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C’est la première Thunderbird à poser son pneu arrière sur le sol suisse. Elle n’a que 28 kilomètres au moment de la livraison. Oui Monsieur, c’est une moto anglaise, pas une imitation japonaise de Harley-Davidson! Mais c’est tout de même un modèle qui concurrence la firme américaine en plein sur ses plates-bandes.
Dans le genre, d’abord: on a affaire à un cruiser vaguement typé chopper, de 1597 centimètres cubes (98 «cubic inches»), avec la clé de contact insérée sur le côté. Ça se conduit les pieds en avant, avec un guidon cintré, un moteur lourd et bas, un double échappement chromé et fuselé, un phare tout aussi chromé qui renvoie l’image des nuages, deux amortisseurs arrière sur le côté, bas placés… et de bonnes grosses vibrations quand on avance.
Les comparaisons s’arrêtent là. Cette anglaise vendue un peu plus de 20 000 francs a l’ABS, un double disque de frein à l’avant, et les deux cylindres de son moteur sont disposés à la verticale, côte à côte. Chez Harley, l’ABS n’est livré que pour la gamme touring.
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Tout ce chrome, faut bien netoyer après les ondées!
300 kilos, mais pneus «agiles»
La Thunderbird, malgré son poids conséquent (un poil plus de 300 kilos à vide!), reste un engin maniable dès que l’on roule. Dès la conception de ce nouveau modèle, Triumph a associé à ses travaux la marque de pneumatiques Metzeler, qui a développé des gommes tout exprès pour la Tunderbird. Résultat? même si ça demande un peu d’entraînement, et qu’il faut surveiller les repose-pieds pour qu’ils ne frottent pas au sol quand on vire un peu sec, on peut balancer la machine d’un virage à l’autre en toute décontraction. Cette moto n’est pas faite que pour les longues routes droites des States. Quand on doit freiner, d’ailleurs, l’équipement répond présent sans hésitation, même en plein tournant.
Ce qui est par contre moins convaincant, c’est le confort des suspensions dès que l’on aborde un bout de bitume un peu troué ou un peu bosselé. Les amortisseurs arrière sont très courts, presque trop. Les reins en prennent un coup. Quant aux vélocités élevées sur autoroute, il est difficile de tenir longtemps à plus de 110 km/h, à moins d’envisager des séances de muscule de la nuque, des épaules et des bras. Ou d’acheter le pare-brise prévu en option. C’est dommage, car la capacité du réservoir et la gestion de la consommation permettraient sinon des étapes de près de 300 kilomètres à allure constante. Pour des trajets "normaux" sur des routes "normales", comptez plutôt aux alentours de 240 km avant l'extinction des pistons.
Nous n’avons pas pu tester de Thunderbird biplace. Mais la selle en tant que telle est moelleuse, accueillante et l’entrejambe suffisamment étroit. On pose les pieds à terre sans problème. Et en dehors de l’autoroute, la position de conduite pieds en avant et bras à l’horizontale est agréable. Un bon point en passant pour la béquille, bien mieux conçue que celle des consoeurs Harley. Et un sourire pour le klaxon, qui sonne vraiment quand on presse sur le bouton, pas comme sur la majorité des motos actuelles...

Double âme pour le moteur
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Pour faire de l’ombre au géant américain, Triumph a misé sur le fait que les clients d’outre-Atlantique seraient moins rebutés par une marque anglaise que par des motos nippones. C’est bien pensé. Mais après plus de 250  kilomètres d’essai, il faut reconnaître que la Thunderbird ne possède pas autant de caractère moteur qu’un V-Twin de Milwaukee. Les normes antipollution ont certes atténué le fameux bruit du moteur Harley au ralenti. Mais celui du moteur de la Thunderbird est par comparaison un peu trop poli pour être enthousiasmant. Notez que ça dépend de l'usage et du régime moteur et que, pour cette moto de test, le moteur est encore en rodage. On hésite entre la turbine à gaz, l'hélicoptère en rase-motte ou, moins agréable, la très grosse tondeuse à gazon. Les ingénieurs british ont paraît-il beaucoup travaillé sur cet aspect. Ca se remarque surtout entre 1900 et 2800 tours par minute, ou quand on fait bondir l'engin en accélérant de manère marquée. La moto possède en fait deux âmes. Deux cartes d’injection du moteur, que le cerveau électronique choisit automatiquement selon votre style de conduite du moment. Si vous enroulez, le gros bicylindre se fait discret. Si vous vissez la poignée des gaz, il se réveille en grondant et en vrombissant, et là, ça devient vraiment jouissif.
Allez, Messieurs les Anglais, encore un petit effort et vous sillonnerez la 66 en escadrons de Thunderbird!

16:36 Publié dans Tests | Tags : triumph, thunderbird, cruiser | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

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Écrit par : qmallorcai | 31/07/2010

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