19/10/2009

Buell sacrifié à cause des soucis de Harley

Buell5.jpgCela fait maintenant cinq jours que Harley-Davidson l'a annoncé. Le géant américain laisse tomber sa société fille Buell, qui produisait des motos plus orientées sport sous la houlette d'un ingénieur de génie, Erik Buell. Apparemment, une perte de plus de 23% en ce début d'automne a convaincu les patrons de Harley d'abandonner tout ce qui n eportait pas leur badge. En Suisse comme ailleurs, cela signifie que les Buell ne seront plus produites dès le mois de novembre, mais que H-D assure encore le service après-vente durant les quelque dix années légales. Et Harley annonce du même coup vouloir revendre très rapidement l'italien MV Agusta, qu'il venait de racheter... il y a comme un petit goût de gâchis dans l'air.



Les mauvaises langues insinuent déjà que Harley n'a pas digéré que les nouvelles motos Buell n'utillisent plus de moteur Harley. Ca n'a probablement joué aucun rôle. Il est vrai que Buell a réussi un tour de force en matière d'innovation et d'originalité: placer un moulin Harley Thunderstorm dans un châssis ultra-compact, mettre en pratique une centralisation des masses radicale bien avant que Honda n'en fasse son atout marketing, placer le pot d'échappement sous le moteur (copié depuis lors par de nombreuses marques), etc. C'est la lignée des Lightning, rebaptisées XB (moteur refroidi par air, photo) par la suite. Des championnes d'agilité, pas toujours exemptes de petits défauts de fabrication,et pas faites pour rouler à des vitesses supersoniques. "Des machines géniales, aves lesquelles on n'a jamais l'impression d'aller trop fort et qui procurent toujours du plaisir", note Sylvain, heureux possesseur vaudois depuis peu, qui a essayé un peu tout ce que le marché moto propose. L'esthétique est particulière également. Elle ravit ou hérisse, mais elle est en tout cas cohérente. Et les prix, au fil des ans, ont fini par être compétitifs. Les toutes dernières Buell gardent cet esprit, mais avec un look qui divise encore plus, et avec un moteur inédit refroidi par liquide, fabriqué par la firme autrichienne Rotax. C'est la lignée des CR. Si vous voulez une CR ou une XB, il ne faut pas tarder, il ne reste plus que les stocks.

Brutale.jpg

Quant à MV Agusta, marque moto de luxe au design époustouflant (cf la MV F4 ou la Brutale), certains diront que c'est son rachat qui a précipité la fin de Buell. Ce qui est sûr, c'est que c'est le bon moment pour racheter la marque italiennt, puisque H-D vient de faire le ménage financier. Et que le créneau luxe trouve encore bien des clients, et que MV est sur les starting blocks pour commercialiser de nouveaux modèles, que l'on verra probablement au salon de Milan ce mois de novembre.

Commentaires

Une Buell c'était comme une fille canon, merveilleuse au lit mais pas évidente à vivre tous les jours, il y a eu plein d'amoureux, à la fois pour la magie unique du longue course 2 soupapes à air et cette technologie géniale. C'était un créneau risqué mais Erik l'a fait, je le plains sincèrement, que ceux qui ont encore quelques sous s'en achètent une, même si c'est leur deuxième bécane, un jour ils diront j'ai une Buell, un truc bandant qu'on fabriquait au siècle dernier, le dernier lien entre la vraie mécanique et ce que nous pondent les ingénieurs aujourd'hui, des motos à jeter passé 20000, plus à la mode ou impossible à réparer, parce que non réparable, buziness oblige. Et que ceux qui en ont une la garde précieusement, c'est une page moto qui se tourne.

Écrit par : Denis GAILLARD | 23/10/2009

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