24/01/2010

La Versys, moto pour tous, se refait une beauté

_45C5039.JPGSon look semble avoir découragé un certain nombre d'acheteurs potentiels. Kawasaki a relativement bien vendu la Versys l'année de son introduction sur le marché suisse, en 2007. Presque 200 unités, un peu derrière le début de gamme ER-6n, moto fun et pas chère par excellence, mais au design un poil plus consensuel. Et puis les chiffres de vente de la Versys n'ont cessé de décliner, pour atteindre un peu plus de 80 unités l'an dernier. Un phénomène observé partout en Europe. Kawasaki a réagi et a retravaillé l'esthétique de cette moto de moyenne cylindrée conçue comme une bécane polyvalente mais abordable (11990 francs avec l'ABS).

Le résultat est là, dès la mi février. On a pu l'essayer un peu en avance sur les petites routes de Sardaigne. En deux phrases: le moteur est toujours aussi jouissif, malgré une puissance maximale pas énorme. Et les aspects pratiques et de confort ont eu droit à plusieurs améliorations. Quant au look... c'est subjectif (on en est déjà à quatre phrases, mais tant pis), mais ce qui est sûr, c'est que ça heurtera moins de personnes. L'ancien modèle avait un avant avec un phare façon tête de mort, ou ampoule électrique à l'ancienne.

La Versys est un croisement entre une bécane supermotard, une moto pour débutants ou motards se remettant en selle après une longue absence, et un véhicule pour faire du tourisme. L'idéal, c'est bien sûr les routes bourrées de virages. Les suspensions à long débattement sont réglables à l'avant comme à l'arrière. Elles permettent de bien absorber les bosses et trous en tous genres. Pour 2010, Kawasaki n'a pas touché au moteur. Il totalise une bonne soixantaine de chevaux, mais offre un très bon couple à bas et moyen régime. Un peu comme une Harley, en miniature. En dessous de 2000 tours par minute, ça cogne et ça vibrote. Mais l'embrayage est souple, et on ne cale en principe pas, ce qui rend les trajets en ville tout à fait acceptables. Surtout que le rayon de braquage est très contenu et que l'engin est très agile grâce à son poids raisonnable et à une répartition des masses bien conçue. Le pot d'échappement, quasi invisible, se trouve sous le moteur et n'es tpas pour rien dans cette répartition équilibrée. En contrepartie, il n'y a pas de béquille centrale, parce que pas de place.

_45C5974.JPGEntre 3000 et 6000 tours, la Versys est comme un grand élastique vrombissant que l'on catapulte d'un virage à l'autre. On peut même aller titiller la zone rouge dans les hauts régimes, où le bruit se fait presque rageur. Rien à redire à ça, c'est parfait. Même sous la pluie battant une route de montagne. Il faut dire que le bitume est lui aussi parfait en Sardaigne et que les pneus choisis pour la Versys privilégient le côté sportif. Enfin l'ABS, de série en Suisse, est largement sécurisant quand on augmente le tempo.

Kawasaki n'a pas touché non plus aux suspensions. Ils ont rajouté des cales en caoutchouc pour atténuer les vibrations du moteur, un bicylindre parallèle. C'est plus ou moins réussi selon les essayeurs. Mais pas dérangeant du tout. Le confort et la sécurité ont fait un pas de plus: le pare-brise est un peu plus haut, les rétros montrent plus de paysage, les clignotants sont plus visibles, la selle est mieux dessinée et le passager est mieux accueilli. La selle reste un peu haute pour certains.

Mais le gros changement, c'est le look. Une foultitude de détails ont été retravaillés. C'est moins rond, en général, plus incisif. L'avant est aussi plus consensuel.

 

Enfin la liste des accessoires grossit: valises latérales avec poignées passager ou - il faut choisir - top case avec poignées passager, bulle encore plus protectrice, selle plus basse (mais moins confortable) ou plus haute, champignons protège-carters en cas de chute, protège-mains au guidon, poignées chauffantes, prise 12 Volt, plaque pour pose de GPS, sacoche de réservoir avec revêtement anti-rayures... on voit qu'on a fait un effort pour attirer la clientèle touring. La protection n'est bien sûr pas au niveau d'une GT, mais c'est déjà pas mal quand on équipe la moto. Et pour un prix abordable, tout en gardant une bonne maniabilité aussi à l'arrêt.

Elle est certainement plus joueuse qu'une Suzuki V-Strom, et plus sportive qu'une Honda Transalp - plus chère mais par contre un poil plus à l'aise dans le hors piste. La BMW F650 GS reste sa seule concurrente sérieuse, mais elle est plus chère, de près de 1000 francs. Reste que la béquille centrale va manquer aux paresseux voulant graisser leur chaîne. Faudra acheter les béquilles de stand.

 

Jérôme Ducret/photos Kawasaki

21:28 Publié dans Tests | Tags : kawasaki, versys | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Il serait bon de balayer large et de souligner les qualités des Voxan Scrambler et des Ducati Multistrada. Le motard de base est d'un conformisme, c'en est à pleurer, un peu comme l'automobiliste qui achète bovinement allemand. Messieurs les motards, sachez qu'il existe des marques en Europe qui valent la peine que l'on s'y intéresse. Comportez vous aussi en consommateurs.

Écrit par : Brechtbühl Beat | 27/01/2010

Oui, et bien le motard consommateur (ça s'appelle consomotard et le terme a déjà été inventé par MotoMagazine il y a longtemps ;o) ) regardera à deux fois avant d'acheter une Voxan, la marque qui se trouve aujourd'hui en liquidation judiciaire (et qui de toute manière est quasi absente du territoire helvétique).

Écrit par : Piotr | 01/02/2010

bravo.

j aime assez ce commentaire et suis l heureux possésseur d une des quelques rares vendues à tête d ampoule.
son look?
j adore.
son comportement,
j adore, une aisance au maniement qui la rendrait dangereuse pour + d un débutant tellement celui çi pourrait se prendre pour le roi du bitûme.

le sinueux virolo étant son terrain de prédilection , elle n est pas ridicule sur 4 voies ou en mode randonnée tout chemin.

une conso raisonnable de 4,2l au 100 km en étant pas trop raisonnable à une conso de 5,9l au 100 km pour une conduite similaire à celle d un jeune boutonneux tout énervé.

c est pour moi une perveilleuse machine.

* à l intention du ptit gars au dessus.

une multitruc ou voxtruc n on rien à voir avec une versys.

le prix n est pas le même, de + , j suis pas certain d épprouver autant de plaisir qu avec ma Versys.

Écrit par : dd | 20/08/2010

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