31/10/2010

Kawasaki Z 1000 SX: une routière pour ceux qui aiment les hypersportives

CX5C4985.JPGElle a des valises latérales en option, un pare-brise réglable et elle pèse à peu près 231 kilos avec l'ABS (antiblocage lors du freinage). Mais quand on la parque pour aller boire un Pepsi juste avant l'entrée d'autoroute, le long d'une rangée de magasins d'alimentation quelque part au sud de l'Espagne, il ne faut que deux minutes avant que l'heureux possesseur d'une moto sportive (et même hypersportive) ne vienne la dévorer des yeux. Chapeau bas à Kawasaki: le coup de crayon des designers est pile dans la cible. Le constructeur japonais a convoqué une belle brochette de journalistes de toute l'Europe à venir essayer son nouveau modèle, la Z 1000 SX. Le test a lieu en Andalousie, près de Malaga: petites ou grandes routes de montagne, avec ou sans un revêtement lisse pour la chaussée, autoroute, un peu de ville... comme d'habitude.

Cette Z 1000 SX tire son origine... de la Z 1000. On le comprend en lisant le nom. Mais pas en regardant la bête. Ou alors seulement de très près. Le moteur est identique: c'est le même gros engin de 1043 centimètres cubes que sur le gros roadster, avec la même propension a accélérer un peu partout dans la plage de régimes. Il n'y a que lorsque l'on passe de la cinquième à la sixième vitesse que c'est un peu plus calme. Les ingénieurs ont modifié ce point de détail, et quelques autres, pour assurer des petits plus lors de longs voyages, notamment sur l'autoroute. Le régime de rotation du moteur est alors moins élevé, ce qui stresse moins le moteur, produit moins de vibrations, et économise un peu de carburant.


 


 

CX5C5025.JPG Le reste des modifications techniques est exactement dans la même veine. Il s'est agi d'assagir juste un poil à peine un chouïa le tempérament de la Z 1000 et de lui donner suffisamment de confort pour en faire une routière assez polyvalente. Mais sans lui enlever sa verve. D'où le carénage intégral, les valises, le parebrise... on ne va pas se répéter. Et surtout, esthétiquement, cette nouvelle moto n'est pas très éloignée des lignes d'une grande hypersportive destinée à briller sur circuit, genre ZX-10 R. Même les deux pots d'échappement, un peu incongrus dans leur version de base sur la Z 1000, deviennent sportivement intéressants à regarder. La clientèle cible? ceux et celles d'entre vous qui aiment rouler sportivement, mais qui aimeraient bien disposer d'un peu plus de confort et de fonctionnalité.

Quant au comportement de la moto sur la route... pas grand-chose à redire. C'est jouissif tout en restant sûr. On peut attaquer dans les courbes. Quelle que soit la vitesse engagée ou le régime du moteur, on a toujours assez de patate pour faire ce qu'on veut. Et il y a même du caractère. Quand on franchit la barre des 7000 tours par minute, le son devient encore plus rauque et on est littéralement catapulté en avant. De ce côté, cette nouvelle moto est tout autant réussie que la Z 1000 dernière version.

La moto reste également stable en toutes circonstances, même sur des routes très bosselées. On a pu le constater personnellement entre deux cols de moyenne montagne. Et les masses sont bien centrées: il est très facile de balancer la machine de gauche à droite ou l'inverse, malgré son poids. Par contre, si les suspensions avant comme arrière sont réglables dans une certaine mesure, le réglage d'usine est plutôt ferme. Pour ceux qui veulent aller vite et ne se préoccupent pas trop de leurs fesses. Ca n'est pas insupportable, loin de là. Mais c'est plus ferme qu'une... disons qu'une Honda, par exemple. Alors que cette même Honda, pour une utilisation routière, offre la même stabilité. Question de goût personnel. Le freinage est très bon, sans être exceptionnel. En Suisse, la Z 1000 SX est livrée avec ABS obligatoire - et pas déconnectable.

L'équipement est sobre et efficace, à l'image du tableau de bord (dont le dessin est proche de celui d'une sportive, encore une fois). Pas d'indicateur de rapport engagé, par exemple, ni de température de l'air, ni de shiftlight. Mais le nécessaire est là. Pas de béquille centrale, même pas en option. Il n'y a pas la place pour ça, semble-t-il, à cause de la manière dont est configuré l'échappement. Les valises (optionnelles) sont fonctionnelles, stables, aérodynamiques... et assez jolies. On attend encore la sacoche de réservoir avec points de monte pour un GPS - c'est prévu, mais pas encore disponible. Les rétroviseurs sont corrects, ils ne vibrent pas, et on voit à peu près ce qu'on veut voir, même s'ils ne sont pas très larges. Un petit point d'interrogation pour les clignotants avant: ils sont certes très design, mais il est assez rare d'en voir qui soient ainsi intégrés au carénage tout en étant protubérants - ou alors il faut remonter aux années 1970. Le bon point, c'est qu'ils se rétractent vers l'intérieur en cas de choc, et donc se cassent moins facilement.

Et enfin, le prix. On ne le connaît pas encore au centime près. Mais ce sera environ 1000 francs de plus que la Z 1000. Disons quelque chose comme 17500 francs? A ce prix là, c'est très intéressant. Pas seulement pour les motards espagnols.

Les commentaires sont fermés.