22/03/2011

Les nouvelles MV Agusta Brutale sont presque civilisées

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Elle porte toujours le bon nom. Brutale, en italien, pas besoin de traduction. La firme MV Agusta est célèbre de l’autre côté des Alpes pour son glorieux passé et pour deux modèles d’exception: la sportive F4, et le roadster Brutale, toutes deux issues du coup de crayon du génial Massimo Tamburini, retraité depuis peu. C’est lui qui a conçu la sculpturale Ducati 916. Mais tant la Brutale que la F4 n’avaient pas bougé depuis près de onze ans. Et MV Agusta a connu des hauts et surtout des bas ces dernières années, qui l’ont empêché de faire progresser ses produits. La société a été rachetée par Harley-Davidson, puis revendue à son mentor italien Claudio Castiglione, après épuration des dettes. Aujourd’hui, la marche en avant a repris, et ce ne sont pas moins de quatre nouveaux modèles qui sont proposés dans la gamme.
La Brutale 1090 RR en fait partie. Elle reprend dans les grandes lignes l’aspect extérieur de l’original. Le phare a toujours l’air de sortir d’un tableau de Dali, façon montre molle. Il a pourtant évolué de manière subtile. On retrouve aussi les magnifiques pots d’échappement en flûtes superposées sur le côté droit.
Là où la Brutale a vraiment changé, par contre, c’est dans l’apparition d’une certaine dose de facilité de conduite. Oui, vous avez bien lu. Sur l'exemplaire sympathiquement prêté par Speed Bike à Carouge (GE), les suspensions ont été adoucies, sans rien perdre de leur précision. La selle, bien que peu épaisse, est devenue presque moelleuse. Les freins sont toujours puissants, mais leur mordant est un peu moins dangereux. Et la puissance sauvage du moteur à quatre cylindres a été un tant soit peu domptée. Vous pouvez choisir de conduire avec ou sans une fonction d’antipatinage, réglable sur sept niveaux. Le huitième étant l’option zéro, sans contrôle de traction. On peut aussi adopter l’un des deux modes de gestion du moteur, avec une réponse à l’accélération plus ou moins fulgurante.
Il y a aussi un dispositif antidribble qui permet de descendre plusieurs rapports de vitesse d’un coup sans que la roue arrière ne déleste. MV serait-il devenu une filiale de Honda? Non, là, on vous rassure immédiatement. Le son qui s’échappe des pots est toujours très rauque, et la bête demande toujours de la finesse dans le pilotage, en particulier la commande des gaz. Sinon on se retrouve catapulté dans le prochain mur sans l’avoir vraiment choisi. L’accélération est en effet phénoménale pour ce genre de moto. Le contrôle de traction empêche simplement l’accident avant le premier obstacle frontal. A ne pas mettre entre tous les poignets, donc. Enfin il faut s’habituer à l’action curieuse de l’embrayage à très basse vitesse. En rétrogradant, on sent un retour dans le levier et donc dans la main gauche. L'effet de l'antidribble. Il faut l'accompagner, sous peine d’avoir des à coups… brutaux.
Brutale_8939.jpgEn virage, cette moto est très incisive. Un regard appuyé, une pression de la jambe, et elle tourne. Avec tout de même une certaine touche d’inertie - pas désagréable, d’ailleurs - due sans aucun doute à l’amortisseur de direction. Celui-ci est toutefois réglable, lui aussi. C'est en fait plutôt sécurisant. A part cela, les leviers d’embrayage et de frein sont toujours réglables, tout comme les suspensions avant et arrière. Les clignotants antérieurs se sont quant à eux installés au bout des rétroviseurs. C’est tant mieux pour l’esthétique. Même si côté rétrovision on a toujours droit à ses coudes.
La seule grosse critique que l'on puisse adresser à cette nouvelle Brutale tient à la complexité du tableua de bord. Ils est complet - même s'il n'affiche pas l'heure ni une jauge d'essence, remplacée par un indicateur de réserve et un décompte kilométrique spécial à parti de ce moment. Mais il faut au minimum un diplôme d'ingénieur pour en comprendre la logique. La simple remise à zéro du compteur kilométrique partiel nécessite une série de manipulations sur les deux seuls boutons présents qui défie l'entendement. Il ne rest eplus qu'à l'apprendre par coeur.
La nouvelle Brutale existe en deux, et bientôt trois versions, la 1090 RR représentant le sommet du panier, tant par son prix (24900 francs) que par sa dotation. Juste un cran en dessous, la 990 R s'arrache à 22000 francs. Elle dispose aussi du contrôle de traction. Et, dans un peu plus d'un mois, la Brutale 920, de cylindrée légèrement inférieure, sera proposée au prix incroyable (pour une MV) de 15900 francs.

16:38 Publié dans Tests | Tags : mv agusta, brutale, test | Lien permanent | Commentaires (0)

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