24/03/2011

Visite chez le fabriquant des échappements de Rossi

Qui vient de gagner à la fois les quatre derniers titres de Champion du Monde MotoGP et la première course de la saison ? La fabriquant d’échappement Termignoni ! Que ce soit avec Ducati, Yamaha ou désormais Honda, les pots italiens sont devant dans le championnat le plus relevé du monde. Pour marquer le début d’une nouvelle collaboration, l’importateur des Yamaha en Suisse, la société Hostettler AG a invité la presse la semaine passée à visiter les installations de l’équipementier italien.


La marque fondée par Luigi Termignoni et aujourd’hui gérée par son fils Paolo, a déménagé l’an passé dans de nouveaux locaux de 7000 m2 situé à Predosa, commune située au Nord de Gênes. Une cinquantaine de collaborateurs y réalisent généralement à la main près de 100'000 pièces par année. L’écrasant majorité des pièces est réalisée en acier inox, mais les ouvriers travaillent aussi le titane, la fibre de carbone et, sur demande uniquement, l’inconel. Ce super-alliage est inoxydable et résiste à des températures de mille degrés. Il possède une résistance double de celle du titane, qui permet donc de travailler avec la moitié des épaisseurs, mais son prix est en conséquence.

Termi_0.JPGSpacieuse et lumineuse, l’usine fonctionne sur une ligne. Les tubes et les plaques de métal sont stockés à une des extrémités. La première étape consiste à découper les sections, à la main, avec une scie automatique ou au laser suivant les besoins. Les tubes sont ensuite coudés avec des machines, puis soudés. Enfin, les différents éléments sont assemblés et préparés pour l’expédition.Ter3.JPG

Si le processus de fabrication est assez simple. Sa mise en place prend beaucoup de temps. Grâce à des liens historiques, Termignoni dispose des cotes des futures Ducati avant qu’elles soient commercialisées. Mais pour les autres marques, l’équipementier est obligé d’attendre que les motos arrivent chez les concessionnaires. Les responsables du département R&D (recherche et développement) sautent alors dessus et façonnent à la main quatre au cinq échappement différents. Les différents prototypes sont testés sur un banc d’essai, puis sur route, jusqu’à définir la meilleure solution, pour laquelle seront fabriqués des chablons. Gordon Casteller, le responsable de la communication, relève qu’avec les moteurs modernes, il est de plus en plus difficile de gagner des chevaux. Mais les échappements de la marque permettent toujours de gagner beaucoup de poids, jusqu’à quatre kilos par rapport à l’échappement d’origine.Termi_1.JPG

Juste à côté du R&D se trouve l’atelier de département course. Les trois meilleurs ouvriers de l’entreprise y réalisent à la main les échappements des MotoGp et des Superbike. Notre guide nous présente les échappements toujours plus courts des Yamaha de MotoGP version 2009, 2010 et 2011. Un dernier prototype qui ne roulera jamais en course, puisque le team officiel vient de décider de collaborer avec la marque Akrapovic au grand dam de l’importateur Yamaha Suisse. «Gagner deux chevaux sur un moteur qui en sort plus de 250 peut sembler risible. Mais les courses se jouent parfois à quelques millièmes », rappelle Gordon Casteller.Termi_3.JPG

La visite se poursuit à l’extérieur de l’usine. Termignoni ne réalise en effet pas elle-même les pièces en carbone, une tâche qu’elle sous-traite dans l’entreprise voisine Plastic Bike, spécialisée dans les carénages en fibre de verre. Dans un local fermé pour éviter les écarts de températures et la poussière, les ouvriers découpent les panneaux de fibres tressées et imprégnés de résine. Ils mettent ensuite en place cette sorte de tissu technologique dans des moules, puis glissent le tout dans des sachets en plastique dans lesquels est effectué un vide d’air. Les pièces rejoignent alors un four, où elles sont cuites 4 heures à 120 degrés et sous 5 bars de pression. Une fois cuites, les pièces sont livrées chez Termignoni, qui les assemble avec les autres parties de l’échappement et les préparent pour l’expédition.Termi_4.JPG

La visite se termine avec la rencontre du fondateur de la société, Luigi Termignoni, qui nous avait suivi à distance dans l’usine. Un véritable passionné, qui préfère l’endurance au MotoGP, « parce qu’une course de 24h sera toujours le meilleur endroit pour tester du matériel ».

Sylvain Muller

Voir www.yamaha.ch et www.termignoni.it

11:28 Publié dans accessoires | Tags : termignoni, yamaha | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Pour être premier il faut, si possible, s'échapper et pour s'échapper rien de tel qu'un échappement qui échappe à la médiocrité.

Et les chapes de fixations sont elles aussi en carbone?

Écrit par : Baptiste Kapp | 25/03/2011

Je ne connaissais pas Termignoni, on ignore souvent la part des "sous-traitants" dans les victoires.

Écrit par : bonus | 31/05/2011

Personnellement quand on me parle d'échappements moto, la première marque qui me viens à l'esprit : AKRAPOVIC ! ! !

Écrit par : Autocouture - Pièces pour la course & tuning | 25/09/2011

Merci pour l'article.

Écrit par : JEUX DE 4X4 | 13/01/2013

bonjour
suite a une chute
je recherche des enveloppes titane pour mes silencieux spécifique a ma ducati 748R
car elles sont plus longue que l'origine (440mn)
faite vous du détail ?
merci
cordialement JF

Écrit par : chamalet | 01/04/2013

Les commentaires sont fermés.