10/06/2011

Mieux vaut une GSR 750 tard que jamais!

SUZUKI_GSR_14.JPGOn l'a attendue longtemps, très longtemps, même. Mais elle est là. La Suzuki GSR 750 (photo Vanessa Cardoso) a enfin déboulé sur le (petit) marché suisse, certes encore en petit nombre, tremblement de terre et crise économique, tout ça. Cela fait un certain temps que Kawasaki impose sa loi commerciale dans le secteur des roadster de moyenne cylindrée avec sa Z 750 (et plus récemment la même en version plus performante R). La recette est simple: on augmente la cylindrée pour nettement dépasser les habituels 600 centimètres cubes, on adopte une esthétique très moderne (un peu manga, faut bien l'avouer), et on fait un prix très concurrentiel: 11990 francs avec l'ABS. Devant le succès européen de ce modèle introduit en &&&, les autres constructeurs ont mis du temps à réagir. Les européens y sont allés de leur moto de plus de 600 cm cubes (Triumph Street Triple, la série des BMW F 800, les Ducati Monster et Hypermotard 749...). Mais les Japonais ont hésité avant de suivre les verts d'Akasahi. Depuis une année, Yamaha a dévoilé la FZ 8 (avec une version semi-carénée Fazer) qui visait un cran au-dessus de la Kawasaki (la normale, pas la R) en termes de finition et de performance de la partie-cycle. Mais pour 1000 francs de plus (toujours avec l'ABS). Honda a préféré s'en tenir à sa Hornet 600 - qui n'a que peu à envier aux 750 côté performances sur route, il est vrai. Suzuki, le seul constructeur à encore vendre une supersportive de cylindrée intermédiaire entre les 600 et les 1000, a pourtant été le dernier à se lancer sur ce créneau.

 


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La GSR 750 remplace donc progressivement la GSR 600. Elle adopte une motorisation étroitement dérivée de la sportive GSX-R 750. Mais avec une partie-cycle moins haut de gamme, et des composants meilleur marché. Suzuki a fait un effort de ce côté-là: bras oscillant à section carrée, plus économique, câbles en plastique, freinage moins haut de gamme (dans ses pièces, pas forcément dans ses performances), etc.

Par rapport à la sportive GSX-R, l'agrément sur route est presque aussi grand. Ce n'est que lorsque l'on pousse vraiment la machine dans ses retranchements que la partie-cycle avoue quelques faiblesses. Mais le réglage de base des suspensions est largement suffisant pour l'usage moyen que fait le motard ou la motarde de cet engin. La selle est relativement moëlleuse, même si elle est toute petite. Pour trouver un passager, il faudra qu'il soit motivé, au vu du format timbre-poste de son siège. Le tableau de bord est efficace et lisible, sans chichis technologiques. On salue juste l'indicateur de rapport de vitesse, assez utile tout de même, et la jauge d'essence. Par contre, l'avant de la moto ne protège pas du tout du vent ou de la pluie. Normal sur ce genre de véhicule. L'ergonomie est globalement bonne. Petit reproche pour le guidon, dont les poignées ne sont pas placées idéalement pour une conduite tranquille.

SUZUKI_GSR_28.JPGPour 11980 francs (sans le transport), on a quand même une belle moto entre les mains, qui offre de belles performances - là encore, sur route, pas sur circuit. Une version avec ABS débarquera plus tard dans l'année.

 

Notre modèle d'essai était aimablement prêté par le Centre Suzuki de Crissier. Il a été accessoirisé: rétroviseurs, pot d'échappement, porte-plaque, signofils, bouchon de réservoir, barillet autour de la clé de contact, tout a été remplacé par des parties tirées des différents catalogues.

Jérôme Ducret

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