03/10/2011

L'Aprilia Tuono V4 APRC, une pistarde sans carénage lâchée sur les routes

TUONO_05_APRILIA.JPGLa selle est fine, le carénage est inexistant, le moteur est colossal. Bien que très compacte, la nouvelle Tuono (photo Patrick Martin) impressionne dès que l’on pose son séant sur son siège et que l’on met le contact. C’est une moto de course que l’on a «déshabillée» et adaptée à la route. En remontant le guidon et en l’élargissant, en enlevant le carénage, en changeant les rapports de vitesse et la gestion du moteur… mais elle offre tout de même 167 chevaux, avec un moteur qui peut dépasser les 13 000 tours par minute, et un couple conséquent. Tout ça pour 183 kilos à sec. Il y a de quoi décoiffer.

Elle n’est pas pour autant difficile à piloter. Même si le rayon de braquage reste celui d’une sportive, c’est-à-dire cauchemardesque dès qu’il s’agit de faire demi-tour, même si le confort de selle est tout juste suffisant, et que la protection aérodynamique est pour ainsi dire inexistante - on ne parle même pas d’un refuge contre la pluie ou le vent - on se fait vite à ses singularités.
En effet, la gestion de toute cette puissance est faite pour rassurer. D’abord parce que l'on contrôle plus facilement ce petit monstre grâce au guidon et aux repose-pieds, et ensuite parce qu’il reçoit exactement les mêmes aides au pilotage que sa sœur pistarde RSV4.
En particulier, la Tuono a droit à un antipatinage désactivable et réglable sur 8 niveaux d’intervention. Il y a aussi un anti-wheelies, paramétrable également, qui peut restreindre ou empêcher les levers de roue avant, ainsi qu’un contrôle de lancement, pour des départs canon. Elle bénéficie en plus de trois modes de gestion de la puissance: le mode pluie, relativement doux, le mode sport, plus viril, et le mode track (piste) où la réponse à la commande d’accélération est fulgurante.
Le moteur V4 est de toute façon assez souple, en bas ou en haut des tours, et l’injection répond de manière précise aux impulsions du pilote, sans à-coups gênants, sans trous désagréables. Il reste cependant caractériel, et n’a rien de linéaire. Il faut parfois jouer de l’embrayage en ville. Et le son qu’il émet varie entre le grondement et le hurlement. On se demande comment il a passé l’homologation. On peut au passage déplorer une consommation d’essence élevée, qui fait que les 17 litres du réservoir sont vite épuisés.

TUONO_03_APRILIA.JPGMais le moteur n’est pas tout. Le châssis et la partie cycle sont très réactifs, sans être instables. On peut changer direction en un clin d’œil, tout en gardant le contrôle. Il ne faut par contre pas s’attendre à ce que les bosses et les trous soient «effacés». Le freinage est puissant et bien modulable. Ne manque que l’ABS. On salue au passage le fait que le levier de frein avant soit réglable - celui d’embrayage ne l’est par contre pas. Faites attention à l'arrêt. La béquille latérale (pas de centrale, c'est une pistarde) est difficile à trouver, et elle n'est pas très longue.

L’esthétique de cette moto provoque des opinions divergentes. Certains adorent, d’autres détestent la face avant. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut la regarder «en vrai» plutôt qu’en photo pour se faire une idée. Mais tant les suspensions que la ligne générale sont plutôt réussies. Et n’oublions pas que la nouvelle Tuono, qui coûtait il y a peu 18 990 francs, est désormais vendue en Suisse à 16490 francs depuis le bonus euro consenti par l'importateur Ofrag - avec toute son électronique de pointe, c’est un bon prix.
Vous pouvez aussi l'obtenir en blanc et noir, ou jaune et noir (photo) Tuono_V4_R_gelb__3_.jpg

20:21 Publié dans Tests | Tags : aprilia, tuono v4, aprc, test, rsv 4 | Lien permanent | Commentaires (0)

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