27/04/2012

Un petit Streefighter parfait pour les routes normales

PM20095.jpg Vue comme ça, elle en jette, comme on dit. Autrement dit, elle est belle, même si c'est très subjectif. C'est une "petite" Ducati. Comprenez dotée d'un moteur de moins de 1000 centimètres cubes. Et c'est un - ou une, c'est selon - Streetfighter. Ce qu'on traduira en bon italien francophone par "moto de voyou des rues sombres" (ou combattant de rue, si vraiment vous insistez). Cette nouvelle moto est issue d'un concept bien précis: on prend une sportive, on lui enlève presque tout son carénage, on change un chouïa la position de conduite (plus relaxée) et on procède à quelques menus autres réglages qui sont censés la rendre plus facile et plus agile. Dans les années '70, ça se faisait de manière artisanale. Puis sont venues les déclinaisons industrielles, dont la moindre n'était pas la première Monster, de Ducati justement. Et voici cette Streetfighter 848, qui reprend moteur et châssis de sa soeur sportive de même marque, la 848. Le tout pour un peu moins de 16000 francs. L'engin est efficace sur toutes les routes, il freine bien, très bien même, il est léger, un peu spartiate, puissant mais pas trop, et il adopte un gadget intéressant, le contrôle de traction (on peut aussi dire plus simplement antipatinage de la roue arrière), paramétrable sur huit niveaux d'intervention.


PM20087.jpgDUCATI_MOTO_66.jpg Tout d'abord un petite exercice pratique. A gauche, le Streetfighter 848, avec pilote, et à droite le Streetfighter 1098 S, sans. On voit d'emblée que la première est bien la petite soeur de la seconde. Ce qui est moins évident, ce sont les changements de géométrie. La fourche est un peu plus inclinée sur le 848, ce qui fait que l'on a moins l'impression d'être assis sur la roue avant. C'est à la fois plus confortable et moins déroutant, plus intuitif. Ca ne fait pas pour autant de cette nouvelle moto un véhicule recommandé aux débutants. Il y a tout de même plus de 130 chevaux dans le moteur, un couple respectable (93,5 Nm à 9500 tours/min) typique du bicylindre made in Bologna, un empattement (distance entre les axes des deux roues) assez grand pour une naked-roadster, une selle très mince, des suspensions performantes mais assez fermes, un levier d'embrayage dur comme du marbre de Carrare, des rétros donnant peu d'informations utiles, et un moteur qui hoquette en dessous de 2500 tours par minute. N'oublions pas la béquille latérale, difficile à actionner avec des bottes. Les trajets en ville demandent une certaine habitude. Heureusement, le rayon de braquage est bon - inhabituel pour une Ducati - et la moto est très fine et lègère (169 kilos à sec, 199 tous pleins faits). Et malgré un réservoir d'à peine 16,5 litres, on peut parcourir plus de 230 kilomètres avant de faire le plein.

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Ajoutons encore que les suspensions sont réglables, de manière complète, tout comme l'écartement des leviers d'embrayage et de frein... que l'éclairage est efficace est s'éteint après 60 secondes si l'on n'allume pas le moteur. Que le démarreur est moins poussif que sur certaines sportives de la marque. Et que le comportement dynamique de ce Streetfighter n'appelle aucune critique. C'est précis, ça vire en un clin d'oeil et ça s'arrête à tous les coups de manière prévisible quand on actionne le levier de frein avant. Quant à l'antipatinage... tout dépend du niveau d'intervention choisi. Sur 3 (bas, donc), il ne s'est déclenché que lors d'un dépassement hassardeux sur l'autoroute, la roue arrière glissant dans une immense flaque d'eau. Sur 5 (relativement haut, donc), ça arrive plus fréquemment, mais ça n'interromp pas l'avancée de la moto. ll faudrait tester ça sur circuit, en fait. Petit détail sympa, le DTC vous autorise à faire un burn ou à lever la roue avant!

Et pendant qu'on y est, évaluons le tableau de bord et son maniement. Il est complet (manque une jauge, remplacée par un compteur kilométrique spécial quand on arrive en réserve), lisible, un peu spartiate, comme la selle. On le manipule grâce à trois boutons sur le comodo gauche, ce qui est bien. Par contre, les menus sont parfois un peu compliqués. Pas autant que sur une MV, mais il y a tout de même du progrès à faire.

Et un dernier petit mot sur les capacités de voyage - ou de bagage, c'est du pareil au même. N'espérez pas mettre quoi que ce soit sous la selle passager. Pas même des outils, à part une famélique clé Allen. Et pour être passager ou passagère sur ce timbre-poste, il faut être motivé. Par contre, on peut arrimer un sac en passant les sandows sur les repose-pieds passager. C'est au fond une moto qu'on achètera par passion, et parce qu'elle donne ce qu'il faut pour la route, mais de manière plus sophistiquée qu'une Monster.

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les accessoires et les options ne sont pas oubliés. Il y a le Quickshifter, grâce auquel on passe les vitesses (en montant dans les rapports) à la volée, sans débrayer, il y aussi les incontournables pots Termignoni, une floppée de pièces en carbone, et même le systèem Ducati d'acquisition de données, pour enregistrer après la course - pardon, la balade - tous les paramètres du moteur...

La moto est disponibe en jaune orangé, en noir métallique ou en rouge

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