28/06/2012

Une V7 Special (presque) comme dans le temps

PM27335.jpgLe test d'une moto vintage avec du caractère, mais dont le moteur et la partie cycle ont été adaptés aux exigences du monde moderne. Surtout dans cette déclinaison "Special", la V7 modèle 2012 attire le regard. C'était le but recherché par Moto Guzzi,marque historique faisant partie depuis quelques années du groupe italien Piaggio.

Pour 2012, techniciens, designers et ingénieurs ont modifié le moteur de cette "petite" moto afin de donner une meilleure réponse à l'accélération, et d'ajouter au passage quelques chevaux (on arrive à 51 canassons). Ce n'est pas énorme pour une 750 cc, mais c'est suffisant pour s'amuser et le couple est présent dès les premiers tours de roue, un peu comme un gros mono.

Les suspensions et la géométrie sont aussi revues. C'est plus confortable, pas moins rigoureux. Bon, si on force vraiment le rythme, ça bougeotte. Et le seul disque de frein avant doit être pressé sans aucune retenue pour vraiment stopper dans une situation d'urgence. Pas le frein arrière, qui a tendance à se bloquer un peu facilement. Mais de toutes façons, cette moto est légère, son poids est bien réparti. Et elle est plutôt confortable. Pour un prix acceptable de 11290 francs.


Le test montre que cette V7 procure une jolie dose de plaisir. De ces plaisirs simples qu'on apprécie sans être surchargé d'adrénaline ou d'acide lactique. Ls position de conduite est calme. Un peu trop peut-être. Il faut se réveiller et participer plus activement aux changements de direction, car autrement on finit par se sentir un peu coupé de ce qui se passe entre les pneus et la route. Mais on prend l'habitude de le faire après à peine quelques heures. Et il ne faut pas non plus exiger du moteur qu'il rugisse haut dans les tours. Il peut le faire, mais c'est au détriment de vos lunettes de soleil, délogées par les vibrations en tous genres dès qu'on dépasse 5500 tours/minute. En fait, tout va très bien entre 1500 et 5000 tours. PM27319.jpg

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En ville, cette Moto Guzzi est agile. Selle et suspensions filtrent bien les trous et les bosses. Son ronflement pétaradant - à moins que ce ne soit le contraire -  à basse vitesse fait sourire de nombreux passants. Quant au couple de renversement à l'arrêt lorsqu'on donne un coup d'accélérateur, il fait sourire le ou la pilote. Ca c'est du typique Guzzi: on sent la moto qui répond par un petit coup latéral, dû au calage transversal des pistons.

A basse vitesse toujours, il faut attendre quelques minutes que l'engin soit chaud avant de pouvoir relâcher l'embrayage sans y penser. Autrement, on cale. C'est peut-être une question de réglage, à régler, justement, lors du premier service des 1000 kils. Et les rétros font ce qu'ils doivent faire - rétroviser, en fait. Sans trop vibrer, et en montrant plus que les bras du pilote.

A vitesse moyenne, on se prend au jeu et on se met à bouger sur la moto. Le twin de Mandello a du couple et des reprises, même avec ses modestes 51 chevaux. En cas de pluie et de revêtement plein de raccords, on se sent moins en confiance. La faute probable aux pneumatiques, tant par leur relief que par leur manque d'épaisseur. Que diable, de ce point de vue-là, c'est bien une moto à l'ancienne.

Et quand on accélère encore le rythme, il faut aider un peu la bécane à ne pas perdre son assiette. Mais vu son poids (179 kilos à sec) et la répartition de ses masses, ça n'est pas dangereux.

Enfin on salue comme toujours la présence d'un cardan, qui réduit très sensiblement l'entretien.

Et on note au passage que le réservoir de cette version 2012 est bel et bien en métal. Preuve que chez Guzzi ils écoutent les clients. Réservoir qui permet de voyager un bon bout (22 litres), avec une consommation mesurée à 4,46 litres aux 100 kilomètres. Pas loin de 300 km.
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Disponible en blanc et rouge (photos Patrick Martin), ou jaune et noir. L'importateur suisse s'appelle Motomix.

 

Jérôme Ducret

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