10/07/2012

Moto Guzzi Stelvio, une GS à l'italienne

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Un grand moteur à deux cylindres refroidi par air et huile, un cardan pour entraîner la roue arrière, et une position de conduite typée enduro, avec notamment des roues à rayons. Non, il ne s'agit pas de l'omniprésente BMW R 1200 GS, mais d'une version, disons italienne de celle-ci. Signée Moto Guzzi. Le nom du modèle est Stelvio (photos Florian Cella/24 heures), comme le très célèbre col alpin du nord de l'Italie. Et comme pour la BMW, il existe deux versions: la Stelvio de base, orientée route, et la Stelvio NTX (comme la BMW Adventure), avec une série d'accessoires qui font vraiment voyage au long cours: protège-mains imposants, porte-bagage, feux additionnels sur chaque côté, prises de courant incluses sur la moto, protections de moteur et de châssis, etc.

Le tout dans un style assez latin, avec une belle dose de charme, et en plus un antipatinage de série, tout comme l'ABS et des suspensions réglables (manuellement) dans tous les sens. A 16990 francs (18990 pour la NTX), c'est assez compétitif. La GS se situe à 19900 francs, avec l'ABS, l'antipatinage et le contrôle électronique de la pression des pneus - 22400 pour l'Adventure.


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De prime abord, on remarque que la selle est facilement abordable, même dans la version NTX. Elle est ajustable sur deux hauteurs grâce à de simples pivots. Elle est aussi confortable, et une fois monté, on arrive sans trop de peine à poser les pieds par terre, même en ne mesurant que 1m70. C'est nettement mieux que, par exemple, une Honda Crosstourer.

Par contre, la machine est relativement lourde à manoeuvrer (pas loin de 260 kilos, avec les pleins). Et la béquille centrale, bienvenue, se révèle de ce fait un peu dure à positionner.

Une fois le moteur démarré, onse rend immédiatement compte de trois traits caractéristiques. Le son est sympathique, grave et plein de vie. Les vibrations aussi, enfin jusqu'à un certain point. Et c'est bien une Guzzi: tournez la poignée des gaz sans relâcher l'embrayage, vous sentirez distinctement la moto se cabrer (il n'y a pas d'autre mot) d'un côté. L'effet immémorial du couple de renversement, dû à la disposition transversale des cylindres, un à gauche, un à droite.

En roulant, cette moto est très agréable. Elle ne fait plus son poids, son moteur est toujours prêt à vous faire avancer, grâce à son couple plus que respectable. Et sa partie cycle est très équilibrée. Il faut cependant tenir compte d'une certaine longueur entre les deux axes de roues. Combiné à la géométrie du reste de la moto, cela implique un peu d'habitude, et un contrôle fin de l'embrayage, pour faire demi-tour, surtout en ville.

Sur les routes plus ouvertes et sinueuses, la Stelvio montre un bon potentiel. Elle est assez facile à balancer d'une côté à l'autre, de virage en virage. Sa partie cycle n'offre pas le confort magique de celle, très spéciale, des grosses BMW, mais le comportement est sain en toute circonstance.

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Le freinage fait partie des points forts de cette moto. Il est puissant, pas trop brusque, facilement dosable, et l'ABS n'intervient que très rarement de manière intrusive. Quand il le fait, c'est vraiment pour éviter une chute.

Le couple injection/cardan se comporte de manière un peu "rugueuse". Il y a de petits à-coups, il est parfois difficile de maintenir un régime moteur constant, et sur ce spécimen, ça vibre de manière désagréable vers 4000 tours/minute. Mais il faut aussi reconnaître que ces imperfections font partie du charme d'un propulseur à l'ancienne. On se prend vite au jeu du pilotage, jusqu'à pouvoir instinctivement contrebalancer ces petits accrocs. Ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas.

C'est un peu moins probant sur autoroute. Le confort est certes excellent, la protection offerte par le pare-brise également. On peut le remonter à la main, mais pas en roulant. Par contre les vibrations gênent la lecture des rétroviseurs, et causent des fourmillements sur longue distance, à moins de tomber pile poil sur le bon rapport et la bonne vitesse.

Côté commandes, rien que du bon. Le tableau de bord est très complet: trips partiels, consommation moyenne ou instantanée, jauge d'essence, température extérieure, charge de la batterie, réglage de la luminosité de l'écran, ABS et antipatinage désactivables, etc. Ne manque que le rapport de vitesse engagé. Et tout s'actionner du guidon, de manière intuitive.

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Encore un mot sur Guzzi en Suisse. Depuis le début de l'année, la marque a retrouvé un importateur qui fait office d'intermédiaire entre l'usine et les concessionnaires. Il est un peu tôt pour dresser un vrai bilan, mais les premiers mois démontrent un sérieux certain et une volonté de bien faire. Espérons que ça continue. Une petite remarque tout de même: si vous voyez une plaque garage sur la photo à gauche, c'est que Motomix a "juste" oublié de livrer un véhicule d'essai immatriculé. Merci au concessionnaire lausannois FMC pour son coup de main providentiel.

La Stelvio est disponible en noir, blanc et noir ou orange foncé et noir. La NTX en noir mat ou noir et vert très foncé.

 

 

 

 

 

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Pour la bonne bouche, cette vue du cylindre de droite, avec une assez jolie sortie d'échappement, et le feu à brouillard latéral en bas à droite de l'image.

 

Photos par Florian Cella/24 heures/possesseur d'une BMW R 1200 GS qui se dit conquis par cette Stelvio NTX.

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